dimanche 20 juin 2010

Daredevil Noir - Poker Menteur

Il y a quelques mois, débarquait en France la ligne Marvel Noir dont le principe et de transposer les super-héros de la Maison des Idées dans les années 30 imprégné d'une ambiance polar. Après Spider-man, les X-men et Wolverine, c’est au tour de Daredevil de traverser le temps pour l’époque de la prohibition.

Pour DD en particulier, le concept ne nous promet pas un grand dépaysement puisque la série du héros aveugle est à la base déjà sombre. Pourtant le défi de réaliser une histoire conceptuelle indépendante et intéressante en seulement 4 chapitres n’est pas une mince affaire. Alors comment s’en sort Alexander Irvine, l’auteur de ce 100% Marvel : Daredevil Noir ? C’est ce que nous allons voir.

Matt Murdock aurait voulut être avocat mais le milieu sociale dont il est issu ne lui a pas permis de faire d'études. Au lieu de ça, il travaille pour un détective privé, un certain Foggy Nelson. Petit, il a assisté au meurtre de son père, boxeur trop fier pour truquer ses combats, par un truand. Le même truand qui au cours de l’agression a rendu le petit garçon aveugle. Étrangement, sa cécité a développé chez lui ses autres sens. Ses talents l’ont d’abord poussé vers les planches de théâtre proposant au public un spectacle où il portait un déguisement de diable avant de trouver sa vocation de justicier de Hell’s Kitchen, quartier disputé par deux chefs de gang Orcille Halloran et Wilson Fisk. Un jour, la vie de Matt se verra bouleversée lorsque Eliza, une femme fatale en détresse, va entrer dans le bureau de son patron demander de l'aide.

Irvine est connu dans le monde littéraire et sa plume experte est à la hauteur de sa réputation. L’histoire est bien ficelée, et le traitement des personnages est soigné. Fisk notamment est plus manipulateur que jamais et le rôle de Foggy Nelson est particulièement plaisant à lire. Les clichés et les allusions en rapport aux années 30 sont convenablement exploités. Le récit nous offre également du suspens avec l’identité du mystérieux « tueur à la cible ». Les clins d'oeil sont au rendez-vous comme on peut s'y attendre et l'auteur nous livre un soupçon d'humour appréciable dans une scène où Matt va à l'église se confesser.
Le côté graphique assuré par Tomm Coker est aussi de bonne facture. Un style réaliste et sombre, recette qui a fait le succès de la série régulière et qui correspond idéalement au genre. L’artiste ajoute de nombreux points sur ses dessins rappelant ainsi les premiers comics colorisés un peu comme dans « L’âge d’or » de Maleev (d’ailleurs les deux illustrateurs ont un style très proche l'un de l'autre) par contre la colorisation, elle, reste moderne donnant un cocktail plutôt original. On a aussi l'impression que la narration est tapée à la machine à écrire accentuant cette touche "old school".
Petit bémol en revanche pour des covers placées maladroitement à deux reprises au beau milieu d’une scène, ce qui peut gâcher le plaisir de lecture.

En conclusion, pari gagné pour une adaptation réussie quoique trop courte, qui ravira les fans de tête à cornes et les mordus de polar.

vendredi 11 juin 2010

Marvel Minimates Série 4 - Battle Damaged Daredevil & Bullseye

Ça fait un moment que je voulais avoir une figurine de Daredevil et mon choix s’est porté sur la collection Marvel Minimates, des figurines articulées miniatures qui font penser à ceux des Légos mais en un peu plus grandes (5.5 cm de hauteur contre 4.2 cm) et avec d'avantage de points d’articulations.

La ligne Minimates a été initialement lancée par Art Asylum en 2002 et est désormais produit par Diamond Select Toys. Les figurines sont vendues généralement par lot de deux et les différentes et nombreuses séries s’inspirent des comics, des séries TV, des films ou de licences de jeux vidéos et sont destinées à des collectionneurs adultes (mais non je ne tenais pas à le préciser lol).
J’ai eu donc droit sur cette série à une figurine Daredevil et à une autre de son ennemi juré Bullseye.
Battle Damaged Daredevil
Ce qui saute aux yeux c’est l’état du costume de DD. Un costume en lambeaux dont les déchirures nous laissent apercevoir des égratignures dont est couvert un peu partout notre héros. Ce qui me fait penser qu’on ne le voit pratiquement jamais dans un aussi sale état dans les comics comparé à spider-man par exemple. Daredevil est armé de deux matraques qui peuvent aller soit dans ses poings ou dans un étui placé sur sa ceinture.
Caractéristique sympa des figurines les masques peuvent être enlevés nous laissant découvrir un visage avec des yeux sans pupille, ce qui symbolise bien le handicap de Matt.



Bullseye
Notre vilain a lui, la chance d’avoir un costume en parfait état (lavé, repassé) de couleur bleu (une version noire « Thunderbolt » existe). Il est armé d’un seul couteau, néanmoins je pense que des cartes aurait été plus dans l’esprit du personnage.
Démasqué, on n’a pas de grande surprise hormis l’absence de sa fameuse gravure représentant une cible sur le front contrairement encore une fois à la version Thunderbolt.



Il y a encore deux ou trois autres séries de cette collection, issues de l’univers de Daredevil que je voudrais m’offrir, je pense donc que j’aurais d’autres occasions de vous reparler de ces Marvel Minimates dont je me suis entiché.


Pour finir voilà un lien d’un site américain qui présente cette même série et dont les auteurs sont beaucoup plus doués que moi pour la mise en scène de figurines ^^

mardi 1 juin 2010

La toile aveugle de la dépression (one-shot)

Cette fanfic se déroule à la fin du crossover Secret Invasion, la série régulière de Daredevil n’étant pas touchée par l’événement, j’ai décidé de placer l’action après l’arc « Sans peur » de Brubaker et Lark. Je ne vous fais pas d’état des lieux, Matt Murdock va s’en charger pour moi ;). Bonne lecture !


En temps normal, j’aurai mis mon costume. En temps normal, j’aurai fait le tour du quartier, à la recherche de malfrats à remettre sur le droit chemin histoire de me défouler. Mais cette fois, c’est différent. J’ai pris conscience des échecs cuisants que sont mes vies. Daredevil n’est pas à la hauteur. Lorsque Hood et son armée de super-vilains veulent diriger Hell’s Kitchen, je suis à la ramasse. Quand Mister Fear décide de s’en prendre à la vie privée de Matt Murdock, je suis incapable de m’y opposer. Ce qui nous ramène à ma vie civile et ce n‘est guère plus réjouissant. L’avocat Matt Murdock a menti publiquement pour préserver sa liberté, ce qui ne m’a pas empêché d’aller en prison et son épouse, mon épouse, est en psychiatrie. Oh Seigneur, Milla…


Alors j’ai enfilé un sweet-shirt en prenant soin de mettre la capuche sur la tête, porté des lunettes noires, un jogging et des baskets, et je cours. Je cours pour évacuer toute cette rage et ce stress qui se sont accumulés en moi, pour fuir l’enfer que me font vivre au quotidien les remords et la culpabilité. A deux blocs de là, j’entends le murmure d’une musique lointaine particulière. Des chaises volent, les coups de poing pleuvent, des bouteilles se cassent, ce sont des notes que je connais par cœur, celle d’une bagarre générale qui éclate dans un bar. En temps normal, j‘aurai… bref, là, maintenant, je m’en tape ! Je passe devant sans me préoccuper de ce qui se passe à l’intérieure. Tout à coup, mes super-sens m’alertent, je me protège le visage in extremis avant que face à moi, la vitrine explose et qu’un homme la traverse violemment. Je le reconnais avant qu’il ne touche terre. Il reprend ses esprits tant bien que mal, il tourne la tête vers moi mais dans cette tenue, Turk ne me remet pas.


« Putain mec, ramène toi, on se castagne avec la reine des Skrulls !? »


Merde ! Je saute au travers de la vitrine brisée, j’essaie de me frayer un chemin à travers cette marée humaine qui ne demande qu’à en découdre. Je me dirige vers ce point de la pièce où toutes ces brutes se ruent et dont nul n’en ressort physiquement indemne. Même soûle, Jessica Drew se débrouille comme une pro. Elle ne porte pas son costume de Spider-woman, elle n’est donc pas ici en tant que vengeur. Mais quand je l’appelle, elle ferme les yeux et baisse la tête, deux doigts appuyés sur la tempe. Elle a mal au crâne.


« Laissez-moi tranquille ! »


Son état ne lui permet pas de faire de détails. Elle lance une rafale d’énergie, son fameux dard venimeux d’araignée. Toutes les personnes présentes tombent comme des mouches sous sa terrible attaque. Quant à moi, je ne suis pas épargné. Le bras tendu vers Drew, j’ai juste le temps de prononcer péniblement quelques mots « Jess… c’est moi… Matt » avant de m’évanouir comme tous les autres.


Je reviens à moi avec toute la peine du monde. J’ai mal partout et je me mets à tousser. Ici la poussière n’a pas été faite depuis des siècles. A côté de moi, Jessica Drew n’est pas au mieux de sa forme.


« - Où m’as-tu emmené Jess ?
- Une planque de Nick Fury, un dernier cadeau de sa part.
- Arrgh !
- N’essaye pas de bouger, tu as reçu mon venin d’araignée de plein fouet, il va te falloir un moment avant de récupérer.
- Tu empestes le vomi, le tabac froid et la… Vodka ? Jess… le bar… bordel qu’as-tu fait ?
- Tu me poses la question à moi ? Je te signale que c’est toi et tes petits copains qui m’aviez attaqué !
- Non tu te méprends, je te jure, je venais d’arriver, je voulais t’aider !
- Ah oui ? Et qui me dit que tu n’es pas un Skrull ? Tu ne portes même pas ton costume sous tes vêtements !
- Ça, ça ne regarde que moi et entre nous, j’aurai préféré que le Matt Murdock qui ait tant gâché sa vie soit en vérité un Skrull, ça m’arrangerai tu sais, mais non j’ai fait ça tout seul, comme un grand !
- Tu m’étonnes.
- Pardon ?
- Tout à l’heure au bar, je… j’y suis allée pour oublier la grande comédie qu’est devenue ma vie : captive pendant des mois, remplacée par la reine des catins Skrulls, mon visage est le symbole de leur invasion, même après la guerre, tu vois l’topo ? Un type au bar m’a reconnu, les phéromones que mon corps fabrique ne les a pas calmé, leur haine était plus grande. Ils me méprisent tous. Tu as vu l’article du DB de ce matin qui m‘est consacré ?
- Crois-le ou non Jessica mais je suis vraiment aveugle.
- Tu connais « Spider-Cochon » ? Et bien moi on m’a caricaturé en « Spider-Girouette » ! Ha ! Marrant tu ne trouves pas ? Agent de l’Hydra, du Shield, membre des New Avengers, Secret Avengers, Migthy Avengers, Terrienne, Skrull… mais ils ignorent que je ne suis pas responsable de la moitié de ce qu’on me reproche.
- Je sais ce que c’est, avec moi non plus la presse n’est pas tendre mais ce n’est pas…
- Matt, il y a des abrutis sur le net qui parient leur paye que je vais rejoindre les Dark Avengers ! Je fais quoi moi maintenant ?
- Je peux passer un coup de fil à Luke Cage.
- Pour qu’il me tue ? C’est gentil mais je suis une grande fille et lui un pauvre idiot !
- Tu as menti sur ce dernier point, tu ne le penses pas le moins du monde.
- Quoi ?
- Je… désolé.
- On dirait que l’effet de ma rafale s’estompe, tu vas pouvoir y aller dit-elle froidement
-Si je peux faire quelque chose…
- Va t’occuper de ta femme ! Poursuit-elle sur le même ton. »


Après cette blessante réponse, je me résigne à partir sans mot dire mise à part un timide mais sincère « Bonne chance. ». A l’extérieure, je prends mes repères, il semble que je me trouve dans l’East Side. Je suis satisfait du fait qu’il me reste autant de distance à parcourir. J’ai besoin de courir. Évacuer et fuir. Avant de m’élancer, j’entends une petite fille qui fredonne une chansonnette qui m’aurait sûrement amusé dans d’autres circonstances.

« Spider-Girouette, Spider-Girouette
Elle peut retourner sa veste
Est-c’qu’elle sauve la planète ?
Bien sûr que non c’est une Skrullette !
Prend garde ! Spider-Girouette est là ! »


Pendant ce temps du côté de Jessica.
Une sonnerie de téléphone la sort de sa torpeur. Elle décroche :
« - Allô ?
- Jessica Drew ?
- Qui est-ce ?
- Abigail Brand à l’appareil.
- Excusez-moi, je vous reçois très mal.
- Oui on ne capte pas très bien de l’espace à un portable ordinaire mais ne vous inquiétez pas je serai brève. Dite-moi je me demandais si ça plairait à notre Spider-Girouette nationale de venir travailler au SWORD ? »


Réponse à suivre dans l’on-going "Spider-woman" de Bendis / Maleev qu’on attend toujours en VF et que je n’ai pas lu d’ailleurs, donc excusez pour les probables incohérences de continuité de cette fin.

jeudi 27 mai 2010

Double portion de fanfics Marvel


Ce n’était pas facile mais j’y suis arrivé ! En effet le chasseur acharné que je suis a trouvé non pas une mais deux fanfictions sur les héros Marvel qui suscitent chez moi assez d’intérêt pour les mettre en lumière. Et en plus de ce fait rare, ces deux one-shot ont été écrit par des auteurs de blog dont je lis régulièrement les articles et dont j’apprécie également la qualité d’écriture.


Si l’un est un travail pour ce qui aurait pu être un concours sur ce blog, l’autre est une scène inspirée d’un grand crossover du Marvelverse. Si l’un a été fraîchement rédigé, la publication de l’autre a déjà quelques années. Si l’un a pour héros Daredevil, l’autre s’intéresse aux rapports entre Spider-man et la chatte noire, d’où la cover du Spider-man/Black cat qui rassemble tout ce beau monde pour illustrer ce post.

Remerciement donc à Léo et Neault respectivement auteur des blogs « Histoires de comics… et de zombies » et « Univers Marvel & autres comics » de m’avoir permit de gagner mon pari car avant aujourd’hui je n’avais mit en avant que des récits sur les héros DC. L’équilibre de la balance est désormais rétabli. Appréciez donc cette double offrande que j’aurai bien du mal à réitérer.^^

Et si Daredevil aurait été sourd et muet ? par Léo (trouvée sur histoires2comics.blogspot.com)


Scène inspirée de Civil War par Neault (trouvée sur hyp88.actifforum.com)

samedi 22 mai 2010

Nouveau Daredevil : les intégrales 1983 (II)

Cet article est en fait un plaidoyer pour un quatrième ouvrage des Intégrales consacré à Daredevil.

On peut considérer que le débat est clos depuis longtemps. Daredevil possède trois volumes de la collection « les intégrales » et Panini n’a pas l’intention d’en sortir d’autre. Ceci étant, je tenais à expliquer pourquoi selon moi, un tome supplémentaire aurait permis de terminer ce qu’avait commencé Panini avec le premier run de Frank Miller.

La période concernée
Les Intégrales dédiés à notre tête à cornes avaient pour fonction de faire découvrir ou redécouvrir le formidable travail de Frank Miller sur le titre. Mais ce qui est énervant c’est que justement toute la rééditions des titres de « l’intrépide Daredevil », le volume 1 donc, concernent les épisodes de cet auteur. On l’a vu encore dernièrement avec la sortie de l’Omnibus Daredevil contenant entre autres le monument qu’on attendait tant « Born Again ». Or, en quittant la série pour y revenir ensuite pour concocter l’arc cité, Miller à laissé quelques points en suspens, dont le retour de Bullseye. Denny O’Neil et Klaus Janson sont les principaux artistes qui auront la dure tâche de succéder à Miller sans jamais l’égaler. Je veux cependant montrer qu’un quatrième volume reprenant la suite direct de l’épisode « Roulette » aurait été la bienvenue.

Je vous présente donc le sommaire commenté de ce nouveau mais fictif (ça c’est un peu devenu ma spécialité !) Daredevil : Les Intégrales 1983 II !

Attention, il y a des spoilers à la pelle sur cette article concernant les épisodes # 192 à 201 (numérotation américaine) de Daredevil mais concernant d’aussi vieilles histoires et qui n’ont pratiquement aucune chance d’être réédités est-ce vraiment important ? Quoi qu’il en soit vous voilà prévenu !


Promesses
Promises
(Alan Brennert / Klaus Janson)
Daredevil (vol. 1) 192
Mars 1983



Un épisode plutôt intimiste au centre du couple Urich. Doris ne supportant que trop mal les longues absences de sont mari de journaliste voudrait vivre dans une maison plus décente. Un rêve accessible au prix de l’intégrité professionnelle. Dans cette volonté avant-gardiste de briser les codes manichéens, Brennert va faire réaliser à Daredevil et son ami Ben Urich que leurs codes moraux sont aussi infaillibles que ceux dont ils s’efforcent à combattre. Jouissif ! L’auteur a su aussi faire utiliser les sens super-développés de DD à bon escient lors d’une infiltration dans une propriété privée hyper sécurisée. Une aventure qui pousse à la réflexion menée de main de maître par l’auteur.


La Vengeance de Bitsy
Bitsy’s revenge
(Larry Hama / Klaus Janson)
Daredevil (vol. 1) 193
Avril 1983



Au beau milieu de sa ronde nocturne, Daredevil découvre le gardien de l’armurerie agonisant. Des missiles dragons ont été dérobé. Les dernières paroles du malheureux sont pour Bitsy, nom affectueux donné à son calibre 45 qui lui a été retiré par son agresseur mais il faudra attendre la toute dernière page pour connaître son histoire (de l’arme hein pas du voleur). Voilà donc Matt Murdock et son alter ego qui embarque sur un bateau en partance pour le Havre pour mener l’enquête.
Mine de rien, j’ai beaucoup aimé. Seulement 21 pages et l’auteur se permet de nous mener sur une mauvaise piste. Notre héros aura également des problèmes de sens radar à régler. Et il faut dire aussi que l’ambiance « croisière » légère, nous change un peu des rues sombres de Hell’s Kitchen bref un épisode au scénario bien ficelé qui y gagnerai à être réédité.


Le Jugement
Judgement
(Dennis O’Neil / Klaus Janson)
Daredevil (vol. 1) 194
Mai 1983



Un vieil homme, au lourd passé d’escroc fait appel à l’avocat Matt Murdock. Il attend de lui qu’il défende sa cause auprès de la communauté sectaire qu’il a fuit dans sa jeunesse voilà 70 ans. Une affaire où le Caïd mettra un point d’honneur à jouer les troubles fêtes. Un premier essai sur la série pour O’Neil plutôt mitigé. Pourtant le contexte de la secte aux idées moyenâgeuses et le moyen mise en place par celle-ci pour exécuter leur sentence sont de bonnes idées. Le plus dérangeant pour moi réside dans le dénouement. En effet, je ne comprend pas trop la moralité qui est censée se cacher derrière une telle fin et encore moins le laxisme qu’oppose Daredevil face à celle-ci. Dispensable.


Trahison
Betrayal
(Dennis O’Neil / Klaus Janson)
Daredevil (vol. 1) 195
Juin 1983

Vous pensiez que Karen Page était la première petite amie de Daredevil qui ait vendu la mèche sur son identité secrète ? Détrompez vous car cet épisode nous apprend que Heather Glenn, en froid avec Matt au cours des faits, l’avait imité quelques numéros avant. Mais contrairement à Karen, Heather était saoul et son aveux au conseiller du maire rattaché à la police n’aura aucune conséquence dramatique sur la vie de Matt. Mais on est en droit de se demander si Miller ne s’était pas inspiré de cette aventure pour écrire Born Again. On peut aussi noter l’apparition furtive d’un certain Tony à la moustache bien taillée ! Le synopsis, Un gang assassine des criminels relâchés pour vice de forme, vice de forme obtenu par les avocats Nelson & Murdock… Et c’est bien là que le bas blesse, nos célèbres avocats nous ont habitué à être plus sélectifs vis-à-vis de leurs clients et de ne défendre que d’honnêtes gens pour ainsi dire des victimes. Maladresse de O’Neil décidément, mais calculée tout de même puisque c’est sur cet élément que repose toute son histoire. Pas mal malgré tout.

Ennemis…
Enemies
(Dennis O’Neil / Klaus Janson)
Daredevil (vol. 1) 196
Juillet 1983


Avec en guest Wolverine, (Serval pour les vieux d’la vieille) O’Neil passe aux choses sérieuses. Des hommes armés kidnappent Bullseye de sa chambre d’hôpital. Le commanditaire veut le remettre sur pied en revêtant son squelette d’adamantium. Ce mystérieux japonais, masqué demande de l’aide au Caïd pour quitter le pays. Bien sûr des hommes capables de manier le précieux métal vont intéresser Logan et le X-man va s’allier avec DD pour retrouver tout ce beau monde. Une alliance de héros complètement opposé qui fonctionne assez bien. On a même droit à une apparition des deux grandes terreurs de Hell’s Kitchen : Turk et Grotto qui complotent au bar de Josie. L’auteur en profite également pour conclure la trame sur l’identité découverte par le conseiller du maire. Excellent !


Le voyage…
Journey
(Dennis O’Neil / William Johnson, Klaus Janson / Mike Mignola, Larry Hama)
Daredevil (vol. 1) 197
Août 1983


Matt saute sur un vol pour le Japon afin de retrouver Bullseye avant qu’on l’opère. Il rencontre Yuriko, une jeune asiatique qui semble en savoir long et qui va lui servir de guide au pays du soleil levant. L’auteur ou devrais-je dire les auteurs d’après les crédits posent les premières pierres de l’intrigue, on apprend le kidnappeur se nomme Vent Noir mais on reste sur sa faim et on attend surtout de lire la suite. On nous instaure dès cet épisode un lien psychique entre nos deux ennemis de toujours, idée mal exploitée et dont on n’entendra jamais reparler après cet arc.


Un soupçon de tendresse !
Touch of a stranger
(Dennis O’Neil / William Johnson / Dan Bulanadi)
Daredevil (vol. 1) 198
Septembre 1983


DD et Yuriko poursuivent leur périple en direction de l’île où Bullseye se remet de son opération. Matt découvre que celle qui l’accompagne est la fille de Vent Noir. Celle-ci se défend d’attirer notre héros dans un piège. Elle désire convaincre l’homme qu’elle aime de ne plus travailler pour le compte de son père. Chose étonnante, la fin suggérée de O’Neil qui est en total désaccord avec ce fait et qui est mal amenée selon moi. Décidément j’ai du mal à comprendre O’Neil.


La fille du vent…
Daughter of a Dark Wind
(Dennis O’Neil / William Johnson / Dan Bulanadi)
Daredevil (vol. 1) 199
Octobre 1983


Daredevil et Yuriko affrontent Vent Noir et ses hommes. Vent Noir charge Bullseye d’une mission aux Etats unis, mais se dernier va trahir son bienfaiteur. C’est le dénouement de l’épisode au Japon. Un petit happy end qui voit se retrouver Yuriko et l’homme qu’elle aime mais pour DD la chasse au tireur continue.
NB : Yuriko deviendra par la suite la future Lady Deathstrike, ennemi juré de Wolverine et des X-men. Je me demande si DD l’a déjà rencontré en tant que super-vilain et si il l’a reconnu, si quelqu’un sait…


Rédemption
Redemption
(Dennis O’Neil / William Johnson / Dan Bulanadi)
Daredevil (vol. 1) 200
Novembre 1983


Bullseye de retour à New York, va voir le Caïd pour lui demander du travail. Par manque d’originalité, ce dernier lui demande d’éliminer Daredevil. A l’occasion de cet affrontement tant attendu, O’Neil réunit dans cet épisode pas mal de monde de l‘entourage de notre diable rouge. Ainsi, la veuve noire, Turk et Grotto et un Foggy Nelson qui s’est laissé pousser la moustache sont de la partie. Un Daredevil plâtré au bras et diminué qui n’est pas sans rappeler celui du run de Miller. On regrettera aussi que l’auteur n’utilise pas dans le duel entre Matt et Lester la nouvelle force/résistance physique de ce dernier. Par contre, fait intéressant O’Neil nous replonge dans un passé lointain de Matt enfant, où il revoit son père faire un combat de… catch avec un habit de… diable ! Et pour une fois, j’adhère totalement à la philosophie que donne O’Neil à notre héros. Un dénouement non dépourvu de qualités.


A vue de nez !
The day the devil don’t care
(Dennis O’Neil / William Johnson / Dan Bulanadi)
Daredevil (vol. 1) 201
Décembre 1983


Quelqu‘un en veut à la vie de Foggy Nelson, les frères Binion et leur associé Benedict Closet sont les trois principaux suspects. Daredevil aidé par la veuve noire mènent l’enquête. Depuis le coup du pacemaker de Miller, rien ne pouvait venir à bout du détecteur de mensonge naturel de DD. Sauf que les frangins Binion ont tous les deux une malformation congénitale du cœur. Et là je dis bien vu O’Neil et il faudra à Daredevil utiliser toute l’étendue de ses pouvoirs et sa matière grise pour résoudre cette affaire et sauver la vie de son ami. On a aussi l’apparition d’un bandit qui ressemble beaucoup à Turk mais dont le nom n’a jamais été prononcé. Une histoire sympathique à lire.


Conclusion
Au final, ce quatrième tome des intégrales Daredevil contient des épisodes de bonnes factures, et l’arc très instructif qui nous apprend comment Bullseye a acquis son squelette d’adamantium. Sans quoi aujourd’hui il n’aurait jamais fait partie des Dark Avengers pour citer un fait d’actualité. Un intégrale qui souffre de quelques incohérences de O’Neil, et des dessins assez moyens de Janson, on voit notamment qu’à l’époque, il a quelques difficultés à représenter les chiens. Dix épisodes qui auraient du bon à être regroupés dans un même recueil malgré l’absence de Monsieur Miller.