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vendredi 2 avril 2010

La haine du Diable - Episode 6

On termine tranquillement l’arc « La haine du Diable » sur ce dernier épisode où Matt et Stone font le bilan avant de se quitter, par contre lisez bien jusqu’à la fin, ce serait dommage de passer à côté de l’épilogue qui sert de pont à une éventuelle troisième future fanfiction. Bonne Lecture !


Pièces manquantes




New York - Hell’s Kitchen, 18h32
Chez Matt Murdock

Dans le salon, allongé dans mon bon vieux canapé, Stone ouvre doucement les yeux tandis que je discute au téléphone avec mon associé de la stratégie à adopter concernant le client dont nous assurons la défense. Stone connaît mon appartement, il connaît ma véritable identité, comme tout le monde vous me direz. Il sait donc où il est et qui est son hôte même si je ne porte pas mon costume. N’empêche, il doit se poser pas mal de questions.

« - … Je te laisse Foggy, mon invité se réveille, on se voit demain au bureau… ok merci, bonne soirée… clic !
- J’ai beaucoup dormi ?
- C'est peu dire, tu as fait le tour de la pendule.
- Je… tout est flou dans ma tête, j’étais en train d’occuper la police puis plus rien, que m’est-il arrivé ?
- Pendant notre combat, le Docteur Strange est intervenu. Pour neutraliser Kevin Barkley et ne pas mettre les agents de police en danger en vue de l'arrivée de Méphisto, il a plongé tout le monde dans un sommeil forcé. Manque de pot, tu as été touché accidentellement par ce sort. Stephen m’a chargé de te transmettre ses plus plates excuses.
- Ainsi, alors que le sorcier suprême combattait le Diable en personne, je faisais la sieste ?! Déshonneur ! S’exclame le guerrier des Chastes, tout en se levant.
- Allons tu n’y es pour rien, la bonne nouvelle c’est que la haine du Diable n’est plus que de l’histoire ancienne.
- En es tu certain ?
- Parfaitement, j’y étais, et Méphisto a absorbé sa haine du katana et en prime, Leland Owlsley est de retour parmi les vivants. Je sais qu’il n’y a pas forcément de quoi se réjouir mais au moins tout est rentré dans l’ordre… dans l’ensemble.
- Dans l’ensemble ?
- Il y a encore certains éléments qui clochent. Après t’avoir déposé chez moi, je suis allé au tribunal, je devais plaider dans la matinée. Ensuite, j’ai eu le temps de mener ma petite enquête. J’ai découvert des choses qui me turlupinent. La première, Mahori Tanaka à été retrouvé mort près du Met après notre départ.
- Il était encore vivant après sa confrontation avec Barkley alors qui ? Elektra ?
- C’est plus que probable, d’après le rapport du médecin légiste que j’ai pu consulter, notre sataniste a trouvé la mort suite à un coup de couteau donné en plein cœur. L’arme blanche a pénétré par le bas du dos et a traversé le torse. C’est sa façon de faire, sa signature. De plus, elle m’a avoué avoir un contentieux avec ce type. On peut donc en conclure qu’elle nous observait pendant tout ce temps et qu’elle n’a pas levé le petit doigt pour nous aider, attendant le moment propice pour venir à bout de sa cible. J’ai du mal à m’imaginer qu’elle ait si vite repris sa carrière de mercenaire sans scrupule alors qu’il n’y a pas si longtemps de ça, elle travaillait pour le Shield et me sortait des griffes de Wolverine !
- Comment dites-vous déjà ? Chassez le naturel, il revient au galop ? Notre Sensei avait décelé cette part d’ombre indélébile en elle, il a interrompu sa formation dans nos rangs parce qu’il savait qu’il y a des personnes comme elle qu’on ne peut sauver d’eux-mêmes.
- … Oui, bon… excuse moi je ne t’ai rien proposé, veux-tu boire ou manger quelque chose ? On peut commander d’ici…
- Non merci, je n’ai besoin de rien, je ne vais pas te déranger plus longtemps si tu n’as rien d’autre à me révéler sur cette affaire.
- Oh ! Si excuse-moi, il y a autre chose ! Il s’agit de Kevin Barkley, il a disparu avant l’arrivée des renforts alors que le sort du Docteur Strange faisait encore effet, personne ne sait où il est, je crains qu’on l’ait kidnappé, et cette fois je pense qu’on peut mettre Elektra hors de cause…
- Oui mais alors qui ? Le problème c’est que nous ne connaissons rien de lui. Certes, il a fait brièvement partie de ta vie dans le passé, une partie dont tu as d’ailleurs eu du mal à te remémorer mais désormais il n’est rien d’autre qu’un inconnu pour toi. Mais s’il s’avère que tu as effectivement raison, ton ami est poursuivi par l’infortune, conseille lui la méditation si d’aventure, il revient te cracher sa haine en pleine figure ! Matthew Murdock, ce fut un honneur de combattre et de déjouer les plans de la Main à tes côtés, mais j’ai assez abusé de ton hospitalité, je retourne au Japon.
- Par pitié Stone, ne te fais pas repérer par le FBI ou par les paparazzis en empruntant la fenêtre ou je suis un homme mort !
- Je vais feindre ne pas avoir entendu ton insulte mais ne recommence pas, c’est dans ton intérêt !
- C’est d’accord, bon retour, mes amitiés à Trahn ainsi qu’au reste des Chastes.
- Je n’y manquerai pas, au revoir Daredevil.»




Epilogue

Au même moment, quelque part à Hell’s Kitchen.

Kevin Barkley crève de trouille. Comme Stone, quelqu’un l’a transporté pendant son sommeil. La grande différence c’est qu’il ignore où il se trouve et qui l’a emmené ici et ligoté sur cette chaise. Car dans sa situation, il ne peut pratiquement rien faire d’autre que mourir de peur. Il est plongé dans l’obscurité la plus totale, les mains attachées sur le dos, les pieds enchaînés et la bouche bâillonnée.
Soudain, la lumière s’allume, une lumière sur le coup aveuglante et intense mais petit à petit ses yeux s’adaptent jusqu'à voir distinctement l’homme qui lui fait face. Ce dernier prend la parole.

« Bonjour Kevin, tu te souviens de moi ? Bien sûr que non, comment le pourrais-tu ? Je me présente Nobody. Tu sais, nous avons des points communs tous les deux. Nous sommes invisibles aux yeux du monde, aux yeux des personnes qui nous entourent. On nous oublie aussi vite que l’on nous aperçoit ! Nous sommes des êtres insignifiants, en un mot nous ne sommes personne ! Tu peux le concevoir ça ? Moi non, malgré ce que nous sommes, je ne peux m’y résigner. Je veux, je peux changer la donne, changer les règles. Aujourd’hui, je me trouve devant toi, je te regarde droit dans les yeux et je te salue, avec le sourire. Je suis semblable à toi, et pour cela, je t’écoute, je te comprends et par conséquent, je cerne ton mal. Le tien s’appelle Daredevil, l’homme sans peur ou encore Matt Murdock car comme le Diable, il porte plusieurs noms voir plusieurs casquettes. Le fait est que tu n’es pas la seule brebis dont ce nombriliste se plait à jeter son dévolu. Je suis ici pour stopper tout ça, délivrer le troupeau et éradiquer le mal, c’est ma mission… Alors, repose toi, dors le cœur léger mon ami, il est l’heure, je pars en quête de notre sœur et de rédemption ! » Conclue le mystérieux homme en injectant un puissant somnifère avec une seringue qu’il pique sur l’épaule de sa victime.



To be continued...

dimanche 21 février 2010

La haine du Diable - Episode 4

C’est rien de le dire, le premier post de l’année se sera fait attendre, mais face à mon manque de temps pour me consacrer à ce blog, j’ai prioritairement travaillé sur la suite de ma fanfiction par respect envers les lecteurs qui ont suivi le début. Une suite plus longue que d’habitude mais je tenais à faire avancer la trame de l’histoire qui vous réserve entre autres un retour dans le passé de Matt Murdock ! Bonne lecture.
Nota Bene : grosse erreur de ma part où depuis le début de cet arc j’ai nommé le personnage des Chastes Shaft alors qu’il s’agissait en fait de Stone mea-culpa donc et j’ai fait les modifications nécessaires sur les épisodes antérieurs.


Souvenirs d'enfance


Le musée d'art métropolitain, New York city - 03h47

Quelqu’un les a appelé, ils arrivent, c’est comme ça que ça fonctionne… ils veulent bien faire… faire leur job… exercer leur devoir… protéger… servir… imposer l’ordre… faire respecter les lois… les flics... trois voitures de patrouille se succèdent… voilà la cavalerie serais-je tenté de dire… hélas non, la cavalerie n’est que potentielle chaire à canon, un appât qui tombe à point nommé. Moi je suis le poisson prêt à mordre à l’hameçon et à tomber dans la gueule du loup, un loup assoiffé de haine et de vengeance. Il est temps de prendre ses responsabilités :

- Il semble que le moment de vérité soit arrivé Matt.
- Stone, ce type, ce Kevin Barkley, c’est moi qu’il veut, je dois l’affronter seul, rend moi ce service d’accord, occupe la police le temps qu’il faudra, qu’il n’y ait pas de blessé voir pire.
- Je comprends… si je peux juste me permettre un conseil, tu devrais te servir du saï, contre ce qui t’attend, ce serait plus sage.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, je ne maîtrise pas bien cette arme blanche, et à vrai dire elle me rend mal à l’aise…
- Nous sommes des guerriers, des Chastes. Nous devons nous adapter aux conditions de combat et à notre adversaire quoi qu’il arrive. Pour ça, tu dois passer outre à qui appartient ce saï.
- Tu as raison… ok je vais m’en servir mais ne perdons pas une seconde de plus, mettons nous au travail !
- Bien.

Nous passons à l’action juste à temps. Les voitures de police se sont arrêtées à une vingtaine de mètres de Kevin. Les autorités braquent leurs armes sur lui, et leurs menaces n’apaisent en rien sa haine diabolique, bien au contraire ! Tout à coup, Stone bondit entre la police et notre homme. Au milieu de cette ambiance pesante, il n’en fallait pas plus. Les forces de l’ordre ouvrent le feu. A l’aide de son katana, Stone intercepte la plupart des balles et esquive les rares autres. La diversion de mon allié est un moment rêvé pour entrer en scène. Dans un plongeon rageur, mes poings frappent le dos de Barkley ! Il se relève rapidement me mettant au passage un coup de genoux au visage :
- Ah enfin Murdock ! Je commençais à désespérer, la star Daredevil s’est faite désirer !
- Murdock ? Vous n’êtes pas le premier à qui je le dis mais vous ne devriez pas trop prendre au sérieux ce que racontent les tabloïdes !
- Ah ah ah voyons Matt, pas de ça entre nous, à qui tu crois parler ? Contrairement à toi, je sais exactement qui tu es. Je mentirai si je disais que ça ne me fait rien que tu ne te souviennes pas de moi mais ne t’inquiètes pas, je compte bien remédier à ça sans attendre. Je te promets que je vais te rafraîchir la mémoire de telle sorte que tu ne m’oublieras plus de sitôt, mais d’abord, je vais égaliser ta coiffure, sérieusement un diable avec une seule corne, pour nos retrouvailles en plus ? Tu te moques de moi ?
Comme réponse à ses provocations, je me mets en position de combat. Il passe à l’attaque. La seconde d’après, j’avais perdu ma dernière corne et avec, une mèche de cheveux. Étrangement, mise à part cette fois-ci, il utilise son épée uniquement pour me pousser à la faute, soit pour m’inciter à baisser ma garde soit, pour se créer une ouverture et là il frappe, non pas avec la haine du Diable mais se contente de me flanquer une bonne baigne sur la tronche. Je ne peux que reconnaître sa supériorité, il aurait pu me hacher maintes fois menu mais ce n’est pas dans ses plans. Il ne veut pas me tuer sinon ce serait déjà fait, il veut que je me souvienne, et à chaque fois qu’il m’en colle une, il répète « A bon Daredevil, bonne tarte vile ! » A moitié sonné, la mâchoire décollée, je commence à réaliser que cette phrase aux airs de comptines moqueuses et infantiles éveille en moi de lointains souvenirs, des souvenirs d’enfance :

Hell’s Kitchen – 21 ans plus tôt.


- Eh Murdock !
- Salut Kevin. Ça roule ?
- Super, bon écoute avec les autres, on va traîner du côté de la maison hantée, t’es des nôtres ?
- J’aurais bien voulu mais j’ai promis à mon père de rentrer directement après l’école, je dois réviser les maths, une autre fois peut-être.
- Les maths ?? Me dis pas que t’as les chocottes Murdock ?
- Non c’est pas ce que tu crois, j’ai pro…
- Et on peut savoir où est ton père à l’heure actuelle ?
- Au gymnase, il s’entraîne pour son combat de ce week-end.
- Allez quoi Murdock, montre nous que t’es pas un dégonflé, viens avec nous, ton vieux n’en saura rien.
- Non, ce serait mal, je lui ai promis de pas aller jouer, d’étudier, de devenir quelqu’un d’important !
- Écoutez le vous autres, on n’est pas assez bien pour fréquenter « Monsieur Murdock », futur médecin ! Tu veux faire ce qui est juste et bien mais sache une chose, dans ce quartier c’est la loi du plus malin et du plus fort qui règnent. Tu l’apprendras à tes dépends, on va t’en faire baver mon pote, tu vas vite comprendre ce qu’il en coûte de jouer les casse-cous avec nous hein Daredevil !! Ah ah ah ouais Daredevil, vous trouvez pas que ça lui va comme un gant à ce minus ? N’oublies pas d’où tu viens Murdock, t’es de Hell’s Kitchen comme nous, pas de Beverly Hills, tes rêves de réussite c’est des putains de conneries, tu peux te les carrer où je pense ! Ton père lui au moins se bat et gagne le respect à la force de ses poings, c’est un exemple pour nous, une légende dans le quartier, toi tu ne mérites que le mépris et les coups bas, et c’est ce qu’on va te donner, chopez le les gars, à bon Daredevil, bonne tarte vile ah ah ah…

Retour à la réalité : c’est comme un électrochoc, brutalement, tout devient limpide. Cette époque de ma vie a toujours fait partie de moi, jusqu’à ma seconde peau, mon uniforme. Jamais je n’ai cherché à la renier. En réalité, elle était si abstraite. Kevin Barkley, comment ai-je pu oublier ce sale gosse. Et me voilà par un incroyable concours de circonstance en train d’affronter mes vieux démons :
- Hé Barkley, on avait quoi, neuf, dix ans quand toi et les autres commenciez à me traiter de minus et que vous me tapiez sur la gueule ?
- Je constate que ma méthode porte ses fruits. Oui dans ces eaux là et entre nous, j’avoue que ça m’a manqué !
- Tu sais de quoi d’autre je me souviens ?
- Accouche mec !
- Un jour ensoleillé d’été, on s’est croisé par hasard devant le terrain de basket. Tu as eu dans l’idée de me ridiculiser devant Kelly Albrow qui passait par là. Tu étais seul ce jour là, sans elle, tu n’aurais jamais cherché la bagarre…
- Tais-toi !
- Tu voulais l’impressionner, lui montrer combien tu étais fort…
- Je t’ai dit de la fermer !!
- Tu m’as porté le premier coup mais cette fois malgré les interdictions de mon père, je t’ai rendu ton coup de poing. Tu t’es assis par terre, l’air ahuri…
- Ss… Salaud !!
- Et le plus jouissif dans tout ça, c’est la douce musique à mes oreilles des rires de la jolie Kelly Albrow à ton encontre !
- Je vais te creuver Murdock !!!
Il bouillonne de l’intérieure, son cœur bat à tout rompre. Je suis fait. Qu’est ce qui m’a pris ? Suis-je devenu à ce point suicidaire ? Suis-je autant pressé de rejoindre Karen ? Quelle ironie du sort… le mioche qui a fait naître la symbolique de Daredevil s’apprête à devenir l’homme qui a tué le diable rouge. Alors la boucle est bouclée. Le saï s’échappe de ma main, tombe à mes pieds. Je suis prêt, résigné. Or, je décèle que progressivement le rythme cardiaque de mon bourreau ralentit. Et à l’instant où il va me donner le coup fatal, Kevin tombe à terre. Ce n’est pas une perte de connaissance, non il s’est juste… endormi ! De l’autre côté de la rue, Stone et les agents de police sont dans le même état.
Et voici qu’apparaît au dessus de moi, en pleine lévitation, un vieil ami dont la présence me soulage.
- Docteur Strange !!
- Désolé pour ces pratiques peu subtiles mais je devais penser au plus pressé.
- Stephen, vous venez de me sauver la vie !
- Tu me remercieras plus tard Matthew, nous ne sommes pas encore sortis d’affaire… Il arrive !
- De quoi parlez-vous ?
- Grâce à l’œil d’Agamotto j’ai pu le détecter à temps et le devancer mais il se dirige vers nous et il sera bientôt là. Le Diable vient récupérer ce qui lui appartient. C’est un démon dont tu as déjà eu affaire : Méphistophélés !


To be continued…

dimanche 13 décembre 2009

La haine du Diable - Episode 3

Très peu de temps ce mois ci pour écrire pour des raisons qui semblent évidentes et qui concernent un événement populaire lié à un gros bonhomme tout rouge à la barbe blanche, je vous livre néanmoins la quatrième partie de ma fanfiction dont le principal événement est l’affrontement entre mes deux perso fictifs, créations personnelles que j’ai introduit dans le Daredevilverse (snif ça m’émeut !). En parlant de ça, une page leur sera prochainement créée spécialement et sera consultable dans le guide de lecture, voilà bonne lecture !

Un petit échauffement

Le musée d'art métropolitain, New York city - 02h53


En tant que Daredevil, je ne compte plus le nombre de super-criminels, de dealers ou de petites frappes qui me détestent au plus haut point, cependant, j’ai horreur d’affronter quelqu’un qui semble m’en vouloir sans en connaître la cause. Kevin Barkley, ce nom devrait sans doute me dire quelque chose mais ce n’est pas le cas. La haine du Diable le pousse à me haïr d’avantage, mais il est évident qu’il avait déjà une dent contre moi avant ça, et que je vais bientôt en faire les frais. Contre toute attente, face à la tournure que prennent les événements, c’est Mahori Tanaka qui se révèle être le plus lésé :
- Qui es-tu toi, pour prétendre me voler mon héritage, pour m’usurper ma destinée ? Comment oses-tu chien profane !
- Ta destinée… est de mourir cette nuit ! Quant à toi Murdock, ne t’en fais pas, je n’en ai pas pour longtemps, après je m’occuperai de toi personnellement !
- Genins, avec moi !!!


Un des sbires de Tanaka lui lance son katana avant que le jonin de la Main suivi de sa petite armée, six ou sept ninjas tout au plus, ne sautent du toit pour affronter leur nouvel ennemi. Tandis que nous restons là, déboussolés, Stone s’adresse à moi via la pensée :
- Qui est-ce ?
- Aucune idée, je ne le connais pas.
- Nous n’avions pas prévu ça.
- Je sais, la situation se complique gravement… Que pouvons-nous faire ?
- Cet homme ne t’aime pas du tout Matt. Avec la haine du Diable entre ses mains, Tanaka et ses hommes ne vont représenter pour lui qu’une formalité. Préparons nous à défendre nos vies.

En contre bas, nous assistons à un affrontement violent. La démonstration dont nous gratifie la haine du Diable est terrifiante. Barkley a pratiquement tranché en deux le corps du premier genin qui s’est présenté à lui. C’est un véritable boucher, découpant les membres aux articulations des hommes de la Main. Le bruit des os qui se brisent me fait grincer des dents. De la fumée forme soudain un épais brouillard, signe qu’il ne reste plus que Tanaka face à ce macabre sadique. Mahori résiste aux attaques de son assaillant tant bien que mal. Sa force physique lui permet de compenser sa faiblesse technique mais ce n’est qu’une question de temps pour qu’il ne connaisse le même sort que ses sous-fifres.


- Stone, je pensais à une chose, dis-moi, si on réussissait à isoler le katana, aurais-tu les moyens de neutraliser à nouveau ses pouvoirs.
- Seul c’est tout à fait impossible Matt. La première fois que la Chaste a paralysé sa néfaste influence, les nôtres ne comptaient pas moins d’une cinquantaine d’hommes.
- C’est bien là notre problème depuis le début, nous sommes seuls. Mais ça ne doit pas nous empêcher de venir en aide à ces deux là. Tanaka va se faire découper en rondelles si on reste les bras croisés et ce Barkley n’est finalement qu’une victime de cette satanée ép... ughh !

Plongé dans mes pensées, je n’ai rien vu venir, Stone non plus. Le genin que j’ai épargné tout à l’heure, s’est emparé du saï d’Elektra. A présent, son bras me serre la gorge et il menace de me trancher la carotide avec.
- Je t’avais demandé de me tuer héros, à cause de ta stupidité, c’est toi qui va y passer. Toi là, petit rat des Chastes, jette ton arme et pas d’entourloupe surtout !

Stone obtempère, or dans mon malheur, ma position alarmante n’échappe pas à l’attention de Kevin Barkley.
- Nooon ! Murdock est à moi, je te défends de toucher un seul de ses cheveux ou je te bouffe les tripes !
D’un geste, il intercepte la lame de Tanaka, il la serre tellement fort que du sang coule de sa main. Puis, il lui transperce le mollet de son katana et enchaîne en lui assénant un coup de coude au ventre, ce qui lui fait lâcher son arme et le propulse à terre, agonisant de douleur mais toujours vivant.
Barkley lance un regard noir au genin, il réalise qu’il ne peut nous rejoindre de là où nous sommes. Néanmoins ça fait son petit effet, la main du ninja tremble, je sens les battements de son coeur qui accélèrent, la sueur qui coule sur son front et de ses aisselles. J’en profite pour me sortir de son emprise à l’aide d’une prise ippon-seoi-nage. Le genin bascule par-dessus mon épaule et tombe devant moi. Je m’empare du saï et lui décoche un revers du gauche. Le malheureux tombe du bâtiment inconscient, et se volatilise dans un nuage de fumée dès son atterrissage !
Plus bas sur la chaussée, Barkley applaudit, il me fait signe de descendre mais il est soudainement interrompu par les sirènes de police. Il se retourne et aperçoit les voitures des forces de l’ordre qui se rapprochent de nous. Lorsqu’il revient à me fixer, un sourire narquois se dessine sur son visage :
- Tu devrais te magner le cul de descendre de ton perchoir Murdock, sinon il risquerait d’avoir des dommages collatéraux inutiles si tu vois ce que je veux dire !


To be continued

mercredi 18 novembre 2009

La haine du Diable - Episode 2

Les scènes d’action sont des passages périlleux mais obligés pour les scénaristes de comics car elles sont un peu le train train quotidien de la communauté super-héroïque, je m’essaye donc ici à cet exercice qui je l’espère vous convaincra. Si vous n’en avez pas eu assez de notre diable rouge après la lecture de « cruel et inhabituel » voici la suite des événements très mouvementée de ma seconde fanfiction. Bonne lecture !


Haïra bien qui haïra le dernier !


Deux hommes tapis dans l’ombre d’un gratte-ciel proche du musée d’art métropolitain de New York - 02h07


- Ils sont nombreux Stone. Tu crois qu’on a une chance ?
- Voyons voir, une trentaine de genins dont quatre ayant des pouvoirs mystiques et Mahito Tanaka en personne, tous postés sur le toit du musée…
- Je perçois trois autres battements de cœur à l’intérieur. Ils sont en train de rejoindre les autres, ils reviennent avec le katana !
- Il faut impérativement que l’on empêche la Main de redonner ses pouvoirs à la haine du Diable. Cette maudite lame est responsable, à elle seule, de troubles décennies dans l’histoire du Japon féodal. Les shoguns qui l’ont eu en leur possession faisaient aisément régner leur dictature à cette époque. Le pays était en proie au chaos jusqu’au jour où la Chaste a réussi grâce à la magie, à neutraliser ses forces démoniaques. Mais ce soir Mahori Tanaka, un descendant de l’un de ces vils shoguns veut goûter au même pouvoir que ses ancêtres. Pour répondre à ta question, je pense qu’on a une chance tant que Tanaka n’arrive pas à ses fins.
- Juste par curiosité, quels sont les pouvoirs de ce katana exactement ?
- Il suffit de tenir la haine du Diable pour se sentir submergé d’une haine féroce mais aussi d’acquérir une dextérité exceptionnelle au maniement d’épée. Ici la rage ressentie n’est plus un handicap susceptible de faire commettre à son possesseur d'éventuelles maladresses au combat mais se résume à une violente motivation à détruire ses ennemis, ce qui nous mettrait face à un adversaire que ni toi ni moi n’aurait envie d’affronter !
- Je vois, et pour ne pas arranger les choses, ce Tanaka est une vraie armoire à glace… Stone les genins arrivent, on devrait passer à l’attaque et se servir de l’avantage de l’effet de surprise.
- Bien, écoute notre priorité est de récupérer la haine du Diable et de filer, au cas où, le plan B consiste à éliminer leurs sorciers !

On y est, on lance l’assaut. Je m’occupe du flanc est, Stone surgit à l’ouest. La réaction du jonin de la Main est inattendue. Il est à peine surpris, il garde son sang froid : « En formation de défense, occupez-les pendant cinq minutes ensuite je me charge moi-même de leur trancher la gorge ! » Au centre du toit, leur quatuor de « Valdemort » est assis en tailleur, récitant des sorts dans une langue inconnue autour de l’épée posée sur le sol. Tout autour d’eux, les genins nous font barrage formant un mur infranchissable rendant notre objectif encore plus ardu. Je ne vois pas d'autre solution, on va être contraint de passer au plan B. « Cinq minutes » c’est sûrement le temps qu’il leur faut pour désenvouter le katana. Cette pensée en tête, je me bats sous pression. Nous sommes rapidement envahis par les ninjas. Les coups pleuvent de toutes parts et je serai déjà mort sans mes super-sens. Stone lui, a l’air de mieux se débrouiller, de son côté les bouffées de fumée sont plus fréquentes, ce qui me pousse à me concentrer d’avantage. C’est à ce moment précis que je remarque, la projection, d’un point d’origine que je ne pourrais définir, d’un objet tranchant. Il est lancé à vitesse grand V en direction de Tanaka, celui-ci l’esquive sans peine mais le saï finit sa course dans le crâne de l’un des mages qui s’évapore presque instantanément. Plus que trois, merci Elektra ! Dans la foulée, Stone réussit à se frayer un chemin à travers la horde de ninjas et assène des coups mortels à deux sorciers noirs supplémentaires. Ce soir, il est vraiment impressionnant. Mais pendant que l’unique survivant poursuit le rituel, Tanaka s’empare du katana et attaque mon compagnon d’armes.

C’est pas vrai, pour ma part, j’ai encore une dizaine de genins sur le dos. Je me défends assez bien au corps à corps, mais essayez donc de les blesser mortellement avec un lasso-canne ! Allez, il est temps de passer à la vitesse supérieure : j’effectue un puis deux flip flap arrière histoire de prendre mes distances avec mes adversaires et avoir l’élan nécessaire pour tenter ce que j’ai en tête. Je cours vers l’ennemi le plus proche et je saute prenant appuie malgré lui, sur son épaule avec mon pied. Je me propulse ainsi assez haut et suffisamment loin pour atterrir au milieu du toit, tout proche du dernier mystique.
- Ferme-la ou je te jure que…
- Offre-moi ma glorieuse mort héros, j’ai rempli ma tâche !

Je ne lui donne pas ce plaisir, je me contente de l’assommer. Tout à coup, la haine du Diable brille d’une aura rougeâtre, Tanaka semble se tordre de douleur, il en pleure presque. Maintenant il hurle à la mort. Stone profite de cette transition pour le désarmer. Le katana s’envole et se plante sur le toit non loin de moi. Je me rue pour le saisir, je sens tous les regards plongés sur moi. Mais la voix de mon allié me stop net dans mon initiative « Ne la touche surtout pas pauvre idiot ! » Je prends malgré tout la liberté d’envoyer la lame par-dessus le toit à l’aide d’un coup de pied.
La situation se complique. Comment empêcher la Main de s’emparer de cette arme sans pouvoir la saisir nous-mêmes ? Tandis que je cogite sur le problème, l’épée en tombant, fend l’air en tournoyant sur elle-même. Elle frôle au passage, un malheureux passant qui a faillit avoir une crise cardiaque, avant de toucher terre. Ce dernier lève les yeux au ciel, cherchant d’où venait « cette agression ». En m’apercevant ou devrais-je dire en me reconnaissant, je sens qu’il se met en colère. Et quand celui-ci a l’affreux réflexe d’empoigner la haine du Diable, sa colère se décuple monstrueusement !!!
« Murdock !!! Cette fois tu vas me le payer cher, je vais t’arracher le cœur de mes propres mains tu m’entends, on ne se moque pas ainsi impunément de Kevin Barkley !!! »
To be continued...

lundi 14 septembre 2009

Daredevil : le bien nommé - Episode 4

Dernier épisode qui achève ma première fan fiction « Daredevil : le bien nommé » un titre assez trompeur car, à l’image des mini-séries « Cauchemar » et « Echo » l’homme sans peur se fait plutôt rare, se faisant voler la vedette par un de ses ennemis d’enfance : Kevin Barkley !

Il vit dans un monde de ténèbres empli de bruit, d’odeurs, de sensations que nul autre ne peut percevoir. S’il est aveugle, Matthew Murdock est aussi doté de sens plus développés que la normale et d’un radar qui lui signale tout obstacle. Porté par une passion dévorante pour la justice, il hante les rues de New York la nuit sous le costume rouge de l’ennemi du mal. Stan Lee présente : Daredevil, l’homme sans peur.

Il y a des moments cruciaux dans la vie où l’on se dit que c’est maintenant ou jamais, où l’on a conscience que c’est ici que tout se joue et que le moindre faux pas peut faire dégringoler l’ascenseur jusqu’au sous-sol, où cependant l’enthousiasme prend le dessus sur la pression tant l’espoir de s’en sortir est grand. Vous me connaissez maintenant, je m’appelle Kevin Barkley et je m’apprête à jouer mon avenir sur un coup de poker.
Depuis peu, ma situation semble s’améliorer ou du moins c’est en bonne voie : j’ai, si je puis dire, un toit sur la tête et j’ai troqué ma solitude contre la protection d’un super-héros errant, des changements positifs dans ma vie mais c’est insuffisant, je veux encore plus : être définitivement à l’abri du besoin et je sais que mon hôte, Dennis alias D-man peut m’y aider. Sa vie de marginal l’a sévèrement perturbé psychologiquement et c’est là que j’interviens ou plutôt que j’improvise :
- D-man ?
- Oui Kevin.
- Ecoute, il est temps que tu connaisses la vérité, je ne m’appelle pas Kevin.
Ça peut te paraître aberrant Dennis mais je suis venu de très loin, d’un autre monde, pour te trouver et te confier ta quête.
- Tu es sérieux ? Et comment connais-tu mon nom d’abord ?
- Je sais tout de toi, (surtout que tu me l’as dit hier !) mais ne perdons pas de temps la Terre a besoin de toi.
- Qu’es ce que tu racontes ? Qui es-tu à la fin ?
- Je suis sûr que tu le sais au fond de toi et que tu attendais ma venue.
- …???
- (Merde ça va jamais marcher... allez c’est rien, au pire je feinte la plaisanterie.)
- Le… le maître du jeu cosmique ?
- (J’y crois pas !) Bravo Dennis, j’étais persuadé que je ne me trompais pas, tu es bel et bien l’élu !!

Ainsi, au fil de notre discussion, j’ai réussi à lui faire avaler que j’étais un genre de super-gourou et que pour sauver la planète, il fallait qu’il récupère pour moi sept pierres précieuses. La première partie de mon plan avait réussi mais le plus dur était encore à accomplir.

Deux heures plus tard à la surface

- C’est ici ?
- Oui nous sommes arrivés Dennis, la première pierre t’attends à l’intérieure de ce sanctuaire.
- Un sanctuaire ? Quoi cette bijouterie ?
- Les apparences sont parfois trompeuses, il faut faire abstraction de tes a priori et suivre ton instinct car seul un acte d’héroïsme pourra te permettre d’obtenir les pierres (Hou la il faut que je fasse gaffe, ça n’a aucun sens ce que je dis !)

Il reste figé… il hésite, c’est foutu ! Je suis trop con, ce type est un héros, comment j’ai pu m’imaginer une seule seconde que je pourrais le dissuader de braquer une bijouterie pour m… Eh oh !! On me bouscule ?! Que… ?
Deux hommes cagoulés, entrent dans la bijouterie… un coup de feu retentit ! C’est une attaque à main armée qui se déroule sous nos yeux ! Je rêve ou on se fait devancer ?! Je me met en retrait mais contrairement à moi, la scène n’impressionne pas D-man et l’effraie encore moins. Il succède les bandits dans la boutique et saute dans le tas. Il est taré, désolé mais moi je ne tiens pas à moisir ici et de toute façon tout à foiré. Je cours me réfugier dans la bouche d’égout par où nous sommes arrivés. Reprenant le chemin de notre cachette, je me dis que peut-être maintenant au moins, je l’aurais pour moi tout seul. Trois quart d’heure plus tard, je déchantais :
- Ah maître vous êtes là !
- Dennis ? Tu… tu t’en ais sorti ?
- Oui j’ai réussi, j’ai fait ce que vous m’avez demandé.
- Ah oui ? C'est-à-dire ?
- J’ai accompli un acte d’héroïsme et j’ai eu la première pierre en récompense, c’est bien celle-ci ? C’est mon instinct qui m’a guidé jusqu’à elle, comme vous me l’avez expliqué !

Il ouvre la paume de sa main et j’y découvre notre butin, une simple bague en argent ornée d’une pierre de malachite, pff ça ne vaut pas grand-chose, surtout en comparaison des risques encourus. Ce premier essai n’était pas très concluant, on est passé à ça de la cata, hors de question de remettre ça. Et mon coloc qui est à fond dedans, tôt ou tard ça va mal tourner, non, je ne peux pas faire autrement, je me casse…

Cette nuit, 1 heure 47

Ses ronflements me cassent les oreilles mais elles m’assurent qu’il dort à poings fermés. Le peu de mes affaires regroupé dans un vieux sac de supermarché, je suis prêt à m’en aller. Soudain en se retournant dans son sommeil, la bague échappe de la main de Dennis et tombe à quelques pas de moi. Je ramasse la babiole pour l’observer, me disant en hochant de la tête « tout ça pour ça.» Je la range dans ma poche et j’y vais.
J’arrive à la sortie. Je monte l’échelle et entrouvre la bouche d’égout quand quelqu’un m’agrippe la jambe avec poigne. C’est D-man fou de rage qui me cri « Rend moi la pierre sale Skrull !!! » Il est en plein délire, il va me tuer, mon propre jeu s’est retourné contre moi ! Qu’est c’qui m’a pris de prendre cette merde à 20 dollars ! « Ok mec si c’est ça qu’tu veux, va la chercher !» Je balance la bricole de toutes mes forces dans le tunnel et il lâche prise pour pouvoir la récupérer. Avec cette obscurité, il va s’amuser ! J’en profite pour remonter à la surface et prendre mes jambes à mon cou… Et voilà Kevin, retour à la case départ, retour à la rue ! Murdock si je pouvais t’étrangler de mes mains... une fois de plus, tout est de ta faute !

The End !
Epilogue

Une région montagneuse du Japon où se cache une base secrète de la Main, trois genins rentrent de mission :
- Jonin, nous vous apportons de fastes nouvelles.
- Parle ! De quoi s’agit-il ?
- « La haine du Diable » nous l’avons enfin localisé !
- Bonté divine ! C’est une chance inespérée, où est-elle ?
- A New-York !

Plus haut dans le même édifice, une silhouette féminine teintée de rouge espionne la conversation, on dirait bien Elektra !

To be continued…

vendredi 21 août 2009

Daredevil : le bien nommé - Episode 3


Avant-dernière partie de la nouvelle « Daredevil : le bien nommé » qui sert en réalité d’introduction à un futur arc de plus grande ampleur. Cet épisode rend également hommage à la mini-série « Peur »de Bendis / Gaydos parut dans les Marvel Icons #17 à 20. En effet, ce que vous allez lire se passe avant ce fameux arc et j’y reprends un personnage secondaire assez particulier… Bonne lecture !


Il vit dans un monde de ténèbres empli de bruit, d’odeurs, de sensations que nul autre ne peut percevoir. S’il est aveugle, Matthew Murdock est aussi doté de sens plus développés que la normale et d’un radar qui lui signale tout obstacle. Porté par une passion dévorante pour la justice, il hante les rues de New York la nuit sous le costume rouge de l’ennemi du mal. Stan Lee présente : Daredevil, l’homme sans peur.


Ca continue, cette nuit encore je me suis réveillé en sursaut, trempé par la sueur de mes angoisses. Je dors très mal en ce moment, toujours ces cauchemars qui me hantent depuis mon agression et ce maudit jour où je l’ai revu. Je suis complètement à bout, si je ne fais rien j’ai peur de craquer. J’ai besoin de changer d’air, d’oublier un instant ce quartier minable et son supposé protecteur. C’est décidé, je vais passer la journée en ville, là où la plupart des gens flâne en couple ou en famille, où les vitrines des magasins vous laissent rêveur et surtout où les gens sont beaucoup plus généreux qu’à Hell’s Kitchen.

Au bout d’une heure de marche, je suis quasiment arrivé. J’emprunte une petite ruelle quand au loin, j’aperçois un type bizarre, à l’angle d’une allée, en train de fouiller dans les poubelles d’un restaurant italien. Quand je dis bizarre, je ne parle pas de nos habitudes en commun mais de son accoutrement : il porte une sorte de costume de super-héros mais en plus ridicule que d’ordinaire et vu son état, j’imagine que le type sort d’une baston contre Galactus… ah oui c’est au moins ça ! En y regardant de plus près, ce costume ressemble à une pâle copie de celui de Daredevil, vous savez le tout premier, le jaune. Décidemment Murdock où que j’aille, tu me poursuis !

Rapidement quelqu’un approche, un autre type, un rital je dirais, habillé normalement celui là, enfin plus classe que la moyenne et il semble ne pas apprécier de voir Dèche-man - oui il a la lettre D inscrit en gros sur la poitrine - traîner dans le coin. « Qu’est ce que tu fous encore ici ducon ? Je ne t’ai pas déjà dit que je ne voulais plus te voir dans les parages ?! » Le ton monte, le type en costar empoigne Débile-man jusqu’à l’étrangler littéralement « C’est un établissement respectable ici ok ? Je ne veux pas de déchet humain de ton genre qui vienne effrayer ma clientèle tu piges ?? » Déchet humain ? Justement je sais pas exactement ce que lui a fait Déchet-man mais il sait se défendre le bougre, j’ai juste vu le mec s’envoler et atterrir six mètres plus loin sur le pare-brise d’une voiture, bon Dieu le choc ! L’alarme de la tire fait un sacré boucan et rameute les employés du resto avec à leur tête, un cuistot armé d’un fusil « Anita appelle les flics ils ont eu Flavio, vite !?! » Comment ça « ils ont… » ? Là tout s’emballe, Le fou furieux NOUS canarde, je vois Débâcle-man courir dans ma direction, je flippe à mort et après… et après ? Plus rien !!

Aïe ma pauvre tête, ‘tain c’est pas encore pour aujourd’hui le réveil en douceur bordel où je suis ? Les égouts ? Qui… ? Et voilà la réponse à ma question qui apparait devant moi tout sourire, m’apportant un gobelet de café comme si de rien était.
- Te revoilà parmi nous, à la bonheur, tiens bois, ça va te réchauffer.
- Je... Que s’est-il passé ?
- Tu ne te souviens pas ? On nous a tiré dessus, tu m’excuseras j’ai dû te porter pour aller plus vite, j’espère ne pas t’avoir fait mal… une fois le danger derrière nous, j’ai vu que tu étais inconscient alors je t’ai emmené chez moi, dis moi quel est ton nom mon ami ?
- Tu vis dans les égouts ? Je m’appelle Kevin, Kevin Barkley (ça fait bizarre de pouvoir le dire à haute voix) mais et toi qui es tu bon sang ? Ce costume que tu portes…
- Mon identité doit rester secrète mais tu peux m’appeler D-man…
Et on a parlé comme ça pendant des heures. J’ai appris de D-man, diminutif de Démolition-man, comme quoi j’étais loin du compte, qu’il était lutteur de vocation puis par la suite, il est devenu super-héros. A une époque, il a fait partie des célèbres Vengeurs auprès de légendes telles que Captain America, mais qu’ensuite il a préféré se concentrer sur la cause des sdf jusqu’à en devenir un lui-même, abandonné de tous. J’ai eu aussi la confirmation que son costume était bien inspiré de celui des débuts de Daredevil. En fait notre condition de sans-abris et notre intérêt pour Murdock sont tout ce qui nous rapproche finalement. Je me suis dit que ce serait pas mal d’avoir pour moi la version « clodo » de Daredevil comme bodygard, avec lui à mes côté, je n’aurais plus rien à craindre. Je ne ferais plus de cauchemar. De plus, j’ai bien noté que mon nouvel ami était quelque peu dérangé, simplet, ça ne m’étonne pas plus que ça, ça arrive à la majorité d’entre nous qui vivons dans la rue depuis un certain temps. Pour moi c’est une aubaine car je compte bien tester sur lui mes capacités d’influence et ma force de persuasion…



To be continued…

dimanche 9 août 2009

Daredevil : le bien nommé - Episode 2

Les adeptes l’auront compris la nouvelle « Daredevil : le bien nommé » se situe lors du début du run de Bendis après que le Daily Globe ait révélé au monde que le justicier Daredevil et l’avocat aveugle Matthew Murdock ne sont qu’une seule et unique personne (cf le scoop). Voici la suite des ruminements de pensées de Kevin Barkley, qui prennent un tournant encore plus dramatique… Bonne lecture.

Il vit dans un monde de ténèbres empli de bruit, d’odeurs, de sensations que nul autre ne peut percevoir. S’il est aveugle, Matthew Murdock est aussi doté de sens plus développés que la normale et d’un radar qui lui signale tout obstacle. Porté par une passion dévorante pour la justice, il hante les rues de New York la nuit sous le costume rouge de l’ennemi du mal. Stan Lee présente : Daredevil, l’homme sans peur.

Je m’appelle Kevin Barkley, sans-logis de Hell’s Kitchen, un quartier sensible tristement célèbre de Manhattan. J’ai connu Matt Murdock… ça fait maintenant un bail, bien avant qu’il ne perde la vue c’est vous dire… voilà pourquoi il peut nier l’évidence devant qui il voudra, jouer sa grotesque comédie devant les tribunaux, il ne me la fera pas à moi, pas à l’homme à qui il tient son nom de super-héros. On était dans la même classe à l’école élémentaire à l’époque quand je lui foutais des calottes et lui ais donné son surnom de Daredevil, ensuite on a tous deux poursuivit nos chemins chacun son côté mais sa brillante réussite a fait que j’ai toujours eu des échos sur la vie de la « fierté du quartier ». Que voulez vous, le papier journal je le lis avant de me torcher avec !! Mais lui, se souvient-il seulement de son persécuteur ? A y réfléchir, avec le temps il a dû garder de moi un doux souvenir en comparaison de ceux qu’on dû leur laisser les Bullseye et compagnie… Mais j’espère quand même que j’ai toujours ma place dans sa mémoire torturée…

Croyez le ou non, j’ai beau être 24 heures sur 24 dans la rue, il m’est arrivé une seule fois de revoir Matt après tout ce temps, dans des conditions peu heureuses à mon encontre, revêtu de son habit de diable comme si ce détail était de rigueur pour l’occasion de nos retrouvailles. Il faut savoir que depuis quelques années, notre cher pays connaît une explosion de violence contre les sans-abris. C’est un genre de mode pour les délinquants juvéniles de s’en prendre à nous Dieu sait pourquoi nous sommes devenu une sorte de défouloir pour jeunes voyous et jusque là, j’ai été épargné par ce fléau mais comme on dit toutes les bonnes choses ont une fin…

Ce sont des images qu’on se remémore avec gêne et difficulté que même l’alcool ne peut vous faire oublier, des flash-backs aussi brefs et pénétrants que des coups de poignard. Une nuit glacée d’automne… un réveil brutal… trois adolescents armés de batte de baseball, m’insultant, me crachant dessus, puis s’en prenant à moi et à mes biens, des biens et une vie sans grande valeur mais auxquels je tiens éperdument. J’étais plongé en pleine vision de cauchemar dont la bande originale n’était autre que mes cris et dont seul paradoxalement, le Diable a su me tirer… Daredevil venant à mon secours, sortant de nulle part, moi partagé entre effroi et fascination je le fixais : il faisait face à deux adversaires, quand le premier s’est décidé à charger, Matt a esquivé et a répondu d’un coup de matraque au visage, un coup qui a envoyé valdinguer le gosse sur le deuxième. Derrière lui, le dernier larron s’apprêtait à lui fracasser le crâne mais Murdock l’a devancé in extremis d’un superbe coup de pied arrière en pleine poitrine. En dix secondes c’était terminé, mes agresseurs embrassaient le sol sans broncher.
Puis il s’est approché de moi et s’est abaissé à mon niveau, je voulais le regarder dans les yeux mais son masque ne les dévoile pas, logique j’ai pensé, il cache ses yeux aveugles. De son coté, il a voulu me rassurer, me disait que c’était fini et m’a demandé si tout allait bien et c’est là que j’ai réalisé que j’étais frustré, blessé dans mon orgueil, oui j'étais fou de rage. C’est alors que dans un réflexe démesuré, j’ai enlevé violemment sa main de mon épaule et que j’ai hurlé :
« Que cherches-tu Matt ?? A remuer le couteau dans la plaie ? Tu fais quoi là ? Tu te pointes et tu me sauves, moi ?? Tu joues les héros ? Quel genre de phénomène de foire es tu dis moi ? Un aveugle qui a des yeux derrière la tête ?? »
C’était sorti tout seul, exténué moralement, je reprenais mon souffle, il ne s’attendait pas à ça et je doute qu’il comprenait à quoi je faisais allusion mais au moins, j’avais vidé mon sac. Après deux longues secondes mortellement silencieuses, il s’est relevé et disparaissait dans la nature. C’était la première et la dernière fois que je le revoyais et je lui en veux encore non seulement d’avoir épongé sa dette envers moi mais aussi de ne pas m’avoir reconnu ce soir là…
Daredevil où que tu sois je te maudis !



To be continued...


dimanche 2 août 2009

Daredevil : le bien nommé - Episode 1



Ce premier récit s’intéresse aux origines de Daredevil et en particulier à ceux de son nom de code. A la base, Matt doit son surnom de casse-cou dès sa jeunesse à des gosses qui se moquaient de lui. A ma connaissance étrangement jamais l’un d’eux ne s’est manifesté dans sa vie d'adulte pourtant si quelqu’un pouvait faire le rapprochement entre les deux vies de Murdock ce sont bien eux et cela bien avant Ben Urich et le run de Bendis, découvrez ici Kevin Barkley, Barkley est un clin d’œil à « Wihout Fear » (Miller / Romita Jr) le chef de bande des sales mômes qui en ont fait baver à notre héros :

Il vit dans un monde de ténèbres empli de bruit, d’odeurs, de sensations que nul autre ne peut percevoir. S’il est aveugle, Matthew Murdock est aussi doté de sens plus développés que la normale et d’un radar qui lui signale tout obstacle. Porté par une passion dévorante pour la justice, il hante les rues de New York la nuit sous le costume rouge de l’ennemi du mal. Stan Lee présente : Daredevil, l’homme sans peur.


Je m’appelle Kevin Barkley, je vis dans la rue depuis… maintenant de très longues années… oui ma maison c’est ici, dans les rues sales et dangereuses de Hell’s Kitchen. Les personnes comme moi… les sdf, vous diront que ce n’est pas l’endroit idéal pour faire ce qu’on fait et ils ont raison seulement moi, je suis attaché à ce quartier et je n’ai jamais pu quitter ces lieux bien longtemps à cause de cet homme… ce diable de Daredevil !
Vous savez, j’ai toujours vécu à Hell’s Kitchen depuis ma plus tendre enfance. Petit, j’étais une teigne, un de ceux qui étaient craint par ses camarades de classe. Le mauvais élément qui trouvait toujours une bêtise à faire ou une demi-portion à corriger comme… Matt Murdock…
Ah Murdock ! Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs à ce pauvre Matthew… même quand son père, pourtant une ancienne gloire de la boxe, lui interdisait de se battre, je profitais de la situation pour le provoquer et lui en mettre plein la gueule. Pour tout vous dire, c’est moi qui lui ai donné son surnom : « le casse-cou » autrement dit Daredevil !! Parfaitement, j’ai donné son nom à un célèbre super-héros et je ne touche pas un rond sur les droits d’auteur !
Faut dire aussi que Murdock et moi, on s’est perdu de vue après son accident et le meurtre de son père. Même une brute épaisse comme moi ne pouvait prendre plaisir à s’en prendre à un pauvre gosse orphelin qui plus est aveugle. C’est bizarre la vie… de nous deux, c’était lui qui avait le plus de chance de finir à ma place mais malgré les épreuves de la vie qui semblaient s’acharner sur lui, il a décroché son diplôme de droit comme s’il lui fallut d’un claquement de doigt pour y parvenir.

Et moi pendant ce temps ? J’arrêtais mes études pour aider mon paternel dans sa société de nettoyage industriel. Ticket gagnant à priori puisque à sa mort, j’ai hérité de l’affaire familiale mais malheureusement je n’étais pas au bout de mes peines, ma carrière de patron n’a pas fait long feu. Les taxes que me prélevait le Caïd sur mes maigres recettes et ses petits services qu’il me demandait, qui consistaient à faire disparaître quelques empruntes et flaques de sang par-ci par-là, m’ont attirés de gros problèmes. En effet, les fréquentes visites des flics dans mes locaux ont pour ainsi dire fait fuire les clients et mes employés. Bilan : il m’a fallu moins de six mois pour tout perdre et me retrouver à la rue…

Le plus tordant dans tout ça, c’est que j’aurais pu me sortir de là à tous moments, il m’aurait suffit de balancer Murdock à ses ennemis et Dieu sait qu’ils sont légions, ou aux journalistes. Oui j’aurais pu aller voir je sais pas moi, le Caïd ou bien Ben Urich par exemple, j’imagine même pas les têtes qu’ils auraient tirés si je leur avais révélé ce que je savais depuis toujours… et la finalité heureuse dans cette affaire, c’est que j’aurais été riche, assez pour repartir à zéro. Mais un autre m’a devancé, un autre a craché le morceau et ce secret que je m’efforçais de garder faisait du jour au lendemain, les gros titres du Daily Globe. Cependant je sais désormais que je n’aurais pas été capable de faire ça à Murdock, hormis que la parole de personnes comme moi souffre d’une faible crédibilité, je me sens lié à Matt. De l’avoir fréquenté dans ma jeunesse, d’avoir certainement contribué à l’endurcir mais surtout de lui avoir donné ce surnom, aujourd’hui aussi connu que crains, j’ai beau réfléchir mais non, je n’ai jamais rien fait d’aussi important et de bien dans ma vie. C’est ce qui m’aide à tenir le coup dans la misère où je suis et je n’aurais jamais pu détruire ce que je me suis convaincu d’avoir en partie construit. Daredevil m’a rendu un peu de fierté, cette fierté qui m’échappe un peu plus chaque minute que je tends la main…



To be continued...